Sophie
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Posté le:
Jeu Mar 20, 2008 6:20 am |
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Le peuple russe est incapable de mener à bien des tâches communes sans être guidé par le pouvoir, a conclu l'ex-patron du géant pétrolier Ioukos Mikhaïl Khodorkovski dans un entretien avec ses avocats dont des extraits sont publiés jeudi dans le journal Novaïa gazeta.
Selon l'ancien oligarque, il vient de découvrir, à son grand étonnement, que des penseurs ayant des convictions absolument opposées en arrivent à la même conclusion: la mentalité des Russes, les relations entre le peuple et les élites et la place des services secrets dans la vie sociale sont le fait non d'un pays en guerre, mais d'un pays occupé.
"Depuis l'époque du joug tataro-mongol, nous nous sommes résignés au fait que le pouvoir ne doit rendre aucun compte aux gens, qu'il ne conclut aucun contrat avec son peuple, qu'il perçoit non pas des impôts destinés à atteindre des objectifs communs mais un tribut dont il ne doit jamais rendre compte. Il s'agit d'une tradition existant depuis des siècles", constate avec regret M. Khodorkovski, qui purge une peine de neuf ans de prison en Sibérie orientale et se prépare à un nouveau procès, au cours duquel il risque 22 ans de prison supplémentaires.
Résultat, poursuit l'ancien entrepreneur, au-delà de l'individualisme, le peuple russe fait preuve d'anti-collectivisme, autrement dit, il ne sait pas et ne veut pas conjuguer ses efforts pour accomplir les tâches communes sans être guidé par le pouvoir. "L'économie postindustrielle rend absolument non-compétitif un tel modèle de conduite", affirme-t-il.
Dans le même temps, fait-il remarquer évoquant sa propre expérience, "dans "d'autres" conditions, les Russes s'avèrent être des personnes extrêmement éprises de liberté et entreprenantes!". C'est pourquoi, explique Mikhaïl Khodorkovski, "il importe tant de se rendre compte que l'on peut vivre autrement, que les personnes éprises de liberté ne sont pas seules, qu'en conjuguant les efforts et sans recourir à l'aide du pouvoir, il est possible de réussir, de défendre ses propres droits ainsi que les droits des autres".
A l'heure actuelle, dans un monde de l'information transparent, le milieu culturel et les priorités des gens, leurs acquis dans la vie sociale peuvent changer la vie non en quelques siècles (que nous n'avons pas) mais en quelques années, même si elles sont longues, ces années... Cela signifie qu'il reste un espoir pour la Russie, conclut l'ancien magnat.
Source: Novaïa gazeta |
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